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Non, je ne suis pas une merde.

Merde!
Bonjour mes p’tits Pandas Warriors!
Aujourd’hui, on va causer un peu de l’émotionnel autour de la pathologie. Ca vous dit? c’est ti-par!

Vous n’êtes pas une merde.

shit

Il est drôle ce titre non? Pourtant, rien de drôle là dedans.
Vous aurez peut-être remarqué, et d’ailleurs Pierrick vous en a parler là, ces dernières semaines, vous ne m’avez pas trop lu. Pourquoi que donc? Je vous le donne dans le mille… santé de merde… Et si MERDE revient souvent dans cet article, c’est normal. Ni voyez rien de vulgaire, c’est juste que parfois, cette petite douceur de 5 lettres résume plein de choses à la fois.
Si vous nous suivez, vous savez que j’ai cette merde de maladie, la maladie de Verneuil. Et bah v’la t’y pas qu’elle a pointé le bout de son nez! Bah si…

3615 Ma Life

Il y a un peu plus d’un mois, quelques jours avant mon anniversaire, j’ai commencé par avoir des douleurs au niveau de la poitrine, sans inquiétudes. Mais dans la nuit qui a suivi, en me retournant tel un rouleau de printemps dans ma couette, j’ai eu mal. J’veux dire, j’ai eu assez mal pour que ça me réveille. J’ai alors essayé de décroiser les yeux autant que possible, direction la salle de bain. Et là… Bah MERDE… soit c’est un cauchemar, soit mon sein droit s’est fait casser la tronche dans la nuit.
Réponse? Un indice? C’était pas un cauchemar.


Je tiens à préciser que Pierrick n’étant pas là cette nuit là, c’est pas non plus lui qui m’aurait frappé inopinément.
Merde! Impossible de me rendormir, alors je zone sur le site de logic RDV, histoire d’avoir un rdv le lendemain avec mon médecin traitant… point de RDV dispo. No soucy, j’ai l’habitude de gérer l’urgence, j’appelle le standard dés l’ouverture. Je donne mon nom et on me file un rdv tout de suite.
Verneuil ne m’avait jamais touché cette zone, alors je ne pensais pas que c’était elle, même si ça y ressemblait. J’ai eu plein de truc chelou niveau hormonal, je pensais surtout à un truc en lien. Que neni mon bon ami! Verneuil a décidé de se pointer dans les glandes de Montgomery… Joie Ô Joie! Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, elle a décider de se loger dans le sein gauche aussi.

Etape 1: le choc du diagnostique

Inutile de vous dire que si j’ai fait tête haute devant le doc, une fois rentré chez moi, j’ai foncé au fond du trou des abysses émotionnelles.

Et MERDE! Et P%$AIN! Et MERDE MERDE et RE MERDE!

Vous voulez que je vous dise? J’en ai ras le bol, et dans ce genre de situation, je me demande parfois à quoi ça sert de souffrir autant. Quand votre système immunitaire vous emmerde à longueur de temps, que c’est votre propre corps qui déclenche des trucs pareils… Sans déconner, c’est pas une vie.

Etape 2: le traitement

Je ressors avec une ordonnance classique, en sachant que si 6 jours plus tard ça continue, j’irais au bloc me faire drainer les nichons, ce qui m’enchante moyen. Déjà pour la douleur, pour le protocole de soin derrière, mais on va pas se mentir, pour l’esthétique aussi.
Mon traitement consiste à la prise de 3 gr de pyostacine/jour, et de bains d’hexomedine trans-cutanée puis de tartinage d’acide fucidique. Là ou c’est drôle, c’est que dernièrement on m’a trouvé des calculs biliaires, ce qui fait que le prise de pyopyo m’a rendu complètement malade (enfin juste un peu plus en fait). Je me trouve dans un état lamentable.
Puis la joie de découvrir ces merdes de bains d’hexomédine. Vous voyez ce que c’est non? Ce petit pot transparent au bouchon bleu. Celui que vous ne voulez pas utiliser quand vous vous coupez pour désinfecter une plaie parce que ça brûle… Et bah là, direct sur les tits, avec des plaies… Chéri, je dois t’avouer qu’il m’ait arrivé de laisser couler l’eau de la douche pour ne pas que tu entendes que je pleurais lors des poses d’hexo, tellement ça faisait mal.

Etape 3: le crash moral

Comment on se sent quand on est malade? Lorsque c’est votre féminité qui est touchée? Quand la maladie progresse sur une nouvelle zone? Et si on pleure, qu’on a mal partout?
Comme une merde! Et c’est pas très étonnant non?
On a beau savoir que le moral est un des ingrédients précieux pour guérir, parfois, c’est juste trop difficile. Et si ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, alors, je vous le dis, on est super balaise.

Répétez après moi: Je ne suis pas une merde!

Au bout de 2/3 jours, le moral remonte (un peu) la pente. Par contre, l’estime perso, c’est plus compliqué.

I feel like shit

J’ai beau complètement assumer le fait d’être malade, souvent, je dis « je suis toute pourrie », et je le pense vraiment. Et puis finalement, on est comme on est non?
Ce qui compte c’est d’accepter comme on est, même si c’est facile à dire. Malade ou non, vous avez votre place.

Si je vais bien… Je ne suis pas une merde
Quand je suis malade… Je ne suis pas une merde
Même si j’ai des plaies dégueu… Je ne suis pas une merde
Et le moral ne suit plus… Je ne suis pas une merde

Etape 4: la flagellation

Suite à cela, difficile de ne pas se laisser envahir par les pensées négatives et se rabaisser au troisième sous-sol.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on aimerait juste être au top, comme avant, ou comme un jour ou la maladie nous fout la paix. Mais si on regarde les choses en face, pendant une période inflammatoire, c’est juste pas possible.
Alors comme on peux pas étendre le linge, préparer à manger et qu’on doit laisser l’autre s’occuper de tout, qu’est-ce qui nous reste?

La Flagellation! Aka le complexe de la merde.

Ça vient donc nous hanter au plus profond de nous même. On se sent dévalorisé, inutile, indigne de l’autre. Un doux mélange de colère, de peur et de tristesse et d’une bonne dose de culpabilité.
Bonne nouvelle, tout ça ne fait que partie de la complexité des émotions humaines. Ce qui prouve bien que vous en êtes un, et pas un étron.

Et au fait?!

Pour ceux qui s’inquiéteraient de l’état de mes boobs, rassurez-vous, ils vont mieux. Je vous ai volontairement épargné pas mal de détails.
Je suis toujours un peu fatigué, mais j’ai repris forme humaine. Show must go on 😉

 

 

2 thoughts on “Non, je ne suis pas une merde.

  1. C’est en tapant « Maladie de Verneuil sein » en ce samedi après-midi sous 30° que je suis tombée sur votre blog. ‘Y en a qui sont à la plage, mais c’est tellement plus l’éclat’ de se tâter les nodules en se disant « je suis toute pourrie » en plein été ! En plus de me dire moi aussi que « je suis toute pourrie », j’aime beaucoup rappeler à mes parents qu’ils m’ont complètement foirée.
    Combo Verneuil + migraines + dépression + trouble anxieux généralisé de mon côté. Je raconte un peu ma life, désolée. Mais c’est si BON de ne pas se savoir SEULE.
    La maladie de Verneuil a attaqué ma délicieuse poitrine il y a quelques années, mais en douceur. Depuis 3 jours, c’est Guernica et j’en chie ma race. Je m’inquiétais un peu, on n’entend pas souvent de témoignages d’abcès au(x) sein(s). La féminité atteinte toussa, ça me parle. Force et courage petit padawan.
    Les anti-dépresseurs m’aident bien à garder la tête haute. Il y a quelques années, je me serai effondrée en secret dans ma salle de bain en me traitant de « sac à pus ». Merci pour le témoignage. Et puis surtout, prenez soin de vous !

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