Poussée de Verneuil et sentiments

Poussée de Verneuil et sentiments

La semaine dernière, Aurélie vous a parlé d’une anecdote qui nous a renforcé, à savoir l’histoire de la blouse rose et des étriers gynéco. Ah classe, délicatesse et volupté. Bon mais ça c’était la version de la patiente. Pour que l’histoire soit d’autant plus parlante, et pour vous dire à quel point je suis fière de ma chérie, voici mon vécu.

H-14: Poussée de Verneuil et réunion

C’était une réunion d’information pour de futurs opérés. Ce qu’on appelle l’éducation thérapeutique. J’étais donc là en réunion avec Dr D. pas loin. Et là bim bam boum un message de ma chérie:

Ca va pas top. J’ai une poussée de Verneuil. Je pense que je suis bon pour aller faire un tour aux urgences demain matin.

Ah bah oui mais non! Il est 21h30, je suis au boulot, on habite pas ensemble, et tu me sors ça là pif paf maintenant!!!!

Montée de stress genre, tu sais quand tu es sur les montagnes russes et que tu t’approches de la fin de la montée. Tu te demandes pourquoi t’es monté. Moi, c’était pourquoi je suis en réunion bordel de m#$de…

Elle tente de me calmer en me disant qu’elle a l’habitude et tout. Que  ce n’est rien. Mouais… Je demande à mon ami chirurgien (vous savez le même qui a changé ma vie en appuyant ma demande de formation). Donc il lit « hydrosadénite suppurée »

Ah oui je connais. Qu’elle vienne demain matin à 10h entre 2 de mes blocs. Tu me fais appeler et je l’examine.

Aussitôt qu’il ait dit ça, j’ai senti la pression redescendre. Confiant de savoir Aurélie entre ses mains (c’est aussi à ce moment là où la pression pour elle a du augmenté). La réunion se termine tranquillement, la tête ailleurs…

(je dors, je prends un café, je me brosse les dents; 11h se sont écoulées) passionnant n’est-ce pas

H-3: Aurélie arrive à la clinique

Elle est train de composer mon numéro dans le hall, mais j’arrive avant qu’elle termine. Prémonition? 6ème sens? Non rien de tout cela. Juste un mec hyper stress qui descend toutes les 5min dans le hall pour voir si sa chérie est arrivée. Elle est là dans le hall avec sa petite valise, le teint pale tout vêtue de noir. Je vois dans son regard que la douleur la ronge plus que d’habitude. Pourtant elle reste belle ma chérie.beauté et poussée de Verneuil

Je préviens le chir qui finit son opération et on attend dans la salle d’attente. Pendant ce temps elle fait des papiers admin au secrétariat. Au bout de 10min, il arrive. Je m’éclipse pour retourner voir mes patients. 10min plus tard je la retrouve en bas pour aller voir les anesthésistes. Je crois l’anesth de garde qui réalise sa consult et me dit lequel de ses confrères va l’endormir. Je m’éclipse à nouveau le temps de la consult. Alors oui je sais je m’éclipse souvent. Ca donne une impression de brassage d’air. Apparition – disparition. On me voit – on me voit plus. On me voit plus – on me voit.

H-2: Heure de bloc calée

L’heure de bloc calée, je l’accompagne en service ambulatoire. Et je ne sais pas pourquoi mais elle ne souhaite pas que je reste pour pouvoir la contempler dans sa blouse cul-nu… Chienne de vie…  Je la retrouverai donc après le bloc. Ensuite je retourne donc à mon taf du matin et annule mes patients de fin de journée pour pouvoir être avec elle. Je suis un doux mélange de stress, de confiance, de pensées noires. Ces dernières sont comme une protection d’habitude. Un moyen de me dire de ne pas trop y croire pour ne pas être déçu. Mais là, je savais que ces pensées avaient une autre signification.

H+30min: « Allo Pierrick, tout s’est bien passé. »

Ce sont les mots du chir qui m’a appelé dès la fin de l’opération. Merci, simplement merci. Je pourrai vous en faire une tartine, mais je crois qu’après ces mots je suis resté un peu figé, soulagé, heureux. Je termine donc mes consultations et hop hop hop je retourne vite fait en service ambu.

H+2: Le blanc lui va si bien

Tellement bien qu’elle a décidé d’en faire son teint principal au retour en service. Mon amour de scandinave n’est pas hyper mate de peau. On peut même dire qu’elle a le teint relativement pale. Mais là, c’était comment dire. Beaucoup plus, mais vraiment. Une compote et quelques biscottes sans gluten, son teint revient. Et avec mon soulagement.

Le soir on se fait quelques sushis, et je m’aperçois d’un truc. Durant ces dernières 24h j’ai eu une terrible angoisse de la perdre. Une angoisse que je n’avais jamais ressenti auparavant. Ce soir là j’ai compris que j’avais des sentiments. Ce soir là fut la première fois où je lui ai dit

je t’aime



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